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Avril ! Le mois des temps changeants, des poissons farceurs et des cloches pondeuses, certes, mais pour la communauté des fans de Daniel Handler, ce mois signifie tout autre chose. C’est en effet à peu près à ce moment-là que l’auteur a la gentillesse de fournir une réponse courtoise au cadeau que lui a envoyé le forum 667 Dark Avenue pour son anniversaire. En 2011, Daniel nous avait fourni des images exclusives du premier jet de sa nouvelle série (avec un titre partiel, qui a été gardé d’ailleurs) ; en 2012, c’était le second chapitre de « Who could that be at this hour » qui nous attendait en remerciements. L’année 2013 avait donc un défi de taille à relever, et d’un côté comme de l’autre, personne n’a été déçu !

Pour comprendre le petit mot de remerciement, il faut d’abord bien comprendre, cette année, le cadeau d’origine. En 2012, nous lui avions envoyé 42 historiettes de 42 mots illustrées. Cette année, c’est 43 Mauvaises Questions qu’il a reçues, illustrées dans le style des courriels promotionnels envoyés aux fans pour la promotion de la nouvelle série ; ils étaient basés sur des esquisses préparatoires de Seth. Un bon moyen d’honorer la relation entre les fans et l’édition, non ? Handler, bien entendu, a tout d’abord répondu à nos 43 Questions. Mais, évidemment, celui-ci a toujours « considéré les questions plus intéressantes que les réponses… » Aussi, il nous les a quand même données… Mais dans le désordre ! Ce qui suit est la traduction des questions/réponses. L’auteur de ce blog a tenté du mieux qu’il pouvait d’attribuer la bonne réponse à la bonne question quand cela était possible, mais dans certains cas, c’était très incertain et nous ne pouvons nous engager quant à la validité de ces associations.

[NB : l’auteur de ce blog est responsable des questions 25 et 30 ! Dans le second cas, il s’agit d’une référence obscure aux « Beatrice Letters »]

1)      Pouvons-nous vous poser quelques questions ? Pourquoi pas.

2)      Avez-vous déjà essayé d’écrire des histoires gaies ? La plupart le font.

3)      Vos plans se sont-ils déjà retournés contre vous ? Toujours.

4)      Jérôme Squalor a-t-il déjà été illustré ? Oh, oui, et par bien des artistes.

5)       Avez-vous fini par apprendre le nom de jeune fille d’Esmé Squalor ? Vous semblez supposer qu’il n’y a eu qu’un seul mari.

6)      Existe-t-il des branches de VDC en Indonésie ? Nous sommes vraiment partout, n’est-il pas ?

7)      Le bibliothécaire pleure, une allergie à la poussière en est-elle responsable ?

8)      Pourquoi S. Théodora Markson approuve-t-elle l’existence d’une industrie minière instable et destructrice ? Pour la même raison que la plupart des gens ? Par facilité, je présume – la facilité est le destructeur par excellence.

9)      Le S. signifie-t-il quelque chose d’important ? Important pour qui.

10)   De combien de tentacules une pieuvre a-t-elle vraiment besoin ? Vraiment besoin, ou besoin pour être élégante ?

11)   Monsieur le directeur de la scierie et Charles sont-ils gays comme des pinsons ? Ils ne sont pas disponibles – c’est tout ce qui importe.

12)   En tant que quarantenaire (et des poussières) : qu’est-ce qu’il y a derrière cette colline (et y-a-t-il un Starbucks Coffee ?) ? Gardez l’espoir, mais amenez une cafetière à piston.

13)   Est-ce du café, ou bien de l’encre noire, qui a tâché la veste ? Sont-ce mes seuls choix ?

14)   Qu’avez-vous bu hier soir ? Quelque chose de vert.

15)   Qui est le père d’Ellington Feint ? Un prisonnier.

16)   Est-ce vrai qu’Ellington Feint est en réalité l’engeance de la Bête Bombinante ? Une jeune fille n’est pas une « engeance. »

17)   Qui est venu en premier, l’œuf ou la poule ? Demandez-le au renard.

18)   Combien faut-il de chauves-souris dressées pour changer une ampoule ? Elles préfèrent l’obscurité.

19)   Combien y-a-t-il de grains de sucre dans une pincée ? Un, c’est déjà trop pour moi.

20)   Si le sucrier ne contient pas de sucre, la Bête Bombinante ne contient-elle pas du poivre, ou bien du sel ? Toutes les créatures marines contiennent du sel, non ?

21)   Si varier les plaisirs est le sel de l’existence, que nous conseilleriez-vous avec un Fettucine Alfredo ? Caviar et Orvieto.

22)   Si « une de perdues, dix de retrouvées, » combien en faudra-t-il pour garder la meilleure pour la fin ? -- 9 + 4 = 13 ( ?)

23)   Une chimère en train de bombiner dans un siphon peut-elle se nourrir de deuxièmes intentions ? « Peut ? » « Doit. »

24)   Devrais-je me faire raser la moustache ? Si vous promettez d’éviter la cire.

25)   On m’a souvent dit que j’avais un comportement extrêmement passif-agressif, que me conseillez-vous ? Si vous ne trouvez ma question suffisamment intéressante, franchement, ce n’est pas grave. Faîtes ce qui vous plaît. Comme d’habitude. « Oui. »

26)   En bien des aspects, Flannery Culp est pour moi une héroïne et une source d’inspiration. Devrais-je envisager de consulter un psychiatre ou simplement investir dans un jeu de croquet ? Le croquet c’est moins onéreux, certainement.

27)   Voulez-vous un câlin ? Non, merci.

28)   Pourquoi ne faut-il pas répondre à une question rhétorique ? Et pourquoi donc ne le faudrait-il pas ?

29)   Si vous étiez un arbre, quel genre d’arbre serait-ce ? Abattu.

30)   Si un arbre s’abat dans la forêt, y-a-t-il qui que ce soit qui s’en soucie ? Ceux qui sont dans le nid, je suppose.

31)   Si un Snicket s’abat dans la forêt et si Ellington Feint est la seule personne dans les parages, le Snicket bombine-t-il ? « Tremble, » vous voulez dire.

32)   Si un auteur crie ses revendications dans la forêt, et qu’aucun éditeur n’est dans les parages pour l’entendre, contre-dit-il la ligne éditoriale ? Les auteurs devraient tojours s’exprimer par l’écrit, et non par des cris, et toujours sur du papier ligné.

33)   Êtes-vous sûr qu’il est sage de répondre à cette question ? Non.

34)   Si vraiment il n’y a rien dehors, alors quel était ce bruit ? Un bruit bombinant ?

35)   Si vraiment il n’y a rien dehors, qui est-ce qui sonne à la porte ? Si vous ne le savez pas, ne répondez pas.

36)   Si vraiment il n’y a rien dehors, qui ça peut bien être à cette heure-là ? Quelle heure est-il là-bas ?

37)   A quand la fin de tout cela ? Quelle heure est-il ?

38)   Combien de temps nous reste-t-il ? Assez pour un autre verre, j’en suis sûr.

39)   Heu ? Brugh.

40)   Désolé ? Je vous pardonne ?

41)   Quoi ? Qui ?

42)   Vous êtes sûrs de ne toujours pas vouloir de câlin ? Non, merci.

43)   Auriez-vous préféré recevoir en cadeau 43 boutons de manchette ? Deux c’est bien, quatre c’est généreux.

Mais c’est assez ! Passons à ce qui nous intéresse directement, à savoir le petit cadeau bonus… Il est directement contenu dans cette vidéo contenant les remerciements de Handler. En arrière-plan, on voit très distinctement des pages typographiées du Tome 2 ! Pour les flemmards et les anglophobes, voici une traduction des passages concernés :

[De qui c’était] la faute tandis que le Dr Flammarion et l’Infirmière Dander restaient assis, bâillonnés et forcés d’écouter le tout. La bibliothèque avait l’air fermée, barricadée même, quoiqu’il me semblait bien apercevoir quelques mites papillonner près du porche, maintenant que leur humble foyer, un arbre large et imposant, n’était plus là. Je me demandai si Dashiell Qwerty avait fini tout le travail auquel il s’affairait dans la bibliothèque. Peut-être y était-il en train de dormir, en ce moment même. « Que s’est-il passé ? » finis-je par demander.

« Kit s’est faite arrêter, » me dit mon associé(e). « Mes sources m’informent qu’ils l’ont coincée alors même qu’elle essayait d’ouvrir l’écoutille, mais elle était trop lourde pour qu’elle puisse l’ouvrir toute seule. »

Je fermai les yeux. Maintenant, c’était encore plus sombre. « Elle n’était pas censée se rendre là-bas toute seule, » dis-je.

« Snicket, je l’ai déjà dit, ce n’est pas de ta faute. »

« Tu peux dire ça autant de fois qu’il te plaira. »

« Kit savait que tu ne serais pas là. Elle a décidé d’essayer quand même. Franchement, je ne lui en veux pas. Le Musée des Objets n’a pas fait une expo de ce genre depuis des années. »

« Quatre-vingt-quatre ans, » dis-je. « Si nous ne mettons pas la main sur l’objet maintenant, nous n’en n’aurons plus l’occasion de toutes nos vies. »

CHAPITRE

« Lemony Snicket, » me lança-t-elle en retour. Nous étions plantés là en chiens de faïence. Cela ne faisait pas si longtemps que ça que je connaissais Ellington Feint, et on ne pouvait pas vraiment dire que nous étions amis. Nous nous étions chacun trouvés à La-Tache-de-Mer pour de mystérieuses missions. Nous avions volés la même statue, et nous avions recherché le même scélérat, et voilà que l’affaire Cleo Knight nous remettait dans le même bateau. Mais la Bête Bombinante, sculptée pour représenter la légendaire […] de La-Tache-de-Mer /