9782092540909

Inventaire après Rupture... Eh bien, ce fut rapide ! Why We Broke Up, l'évènement de Janvier dernier, sortira en français le 23 Août prochain. Il sort à peu près à la même date au Royaume-Uni, c'est vous dire s'ils se pressent !

 

Spot Promotionnel en français sous-titré (chouette) !

 

« Dans un instant, tu entendras un 'paf' ». Ainsi commence la lettre de Min. Le 'paf', c'est le bruit du carton qu'elle laisse devant la porte d'Ed. Dans ce carton, plusieurs objets, et la lettre de Min.
 
Une lettre qui raconte pourquoi elle l'a quitté. Une lettre qui commente chacun de ces objets, et évoque tous les petits et grands moments de leur histoire d'amour.
 
Comment Min, cinéphile passionnée, et Ed, capitaine de l'équipe de basket, se sont séduits, à une soirée, contre toute attente. Comment ils se sont lancés dans le projet improbable d'organiser une fête pour une ancienne star de cinéma. Comment ils se sont aimés.
 
Et comment, un jour, la vérité a éclaté menant Mina à son implacable décision.

 

Le fait que ce soit Nathan qui ait acquis les droits de traduction est intéressant en soi. D'un côté, c'était prévisible puisque leur ligne éditoriale, destinée aux jeunes, convient à cet ouvrage que Galaade. D'un autre, c'est la toute première fois que Nathan récupère un ouvrage signé du nom de Handler et non de Snicket, prérogative de leur concurrent en ce qui concerne cet auteur. Qu'est-ce que cela nous annonce pour les possibles traductions possibles des ouvrages de Daniel Handler ? Eh bien, que Nathan a un boulevard qui s'offre à lui, en premier lieu ; s'ils essayent de faire de Handler un "nom de marque" tout comme ils l'ont fait avec Snicket, leur catalogue peut s'étoffer, d'autant qu'Inventaire après Rupture relève d'un public différent (ado, et non plus enfant). Nathan pourrait donc élargir son corpus en lorgnant du côté des ouvrages destinés aux tous-petits (donc possibilité d'une sortie de Thirteen Words, entre autres). Ensuite, que cette attachement à Snicket/Handler renforce de beaucoup les chances que Nathan mette la main sur la nouvelle série (All the Wrong Questions) ; enfin que sa sortie pourrait arriver bien plus tôt qu'on ne le croit (seulement huit mois pour publier une traduction de Why We Broke Up).

 

...Mais abordons maintenant les sujets qui fâchent, à savoir tout ce qui concerne les problèmes de traduction. Aucune information sur le choix du traducteur - Rose-Marie, y es-tu ?... Connaissant son emploi du temps de ministre, je ne serais pas étonné que Nathan ait du confier ce travail à quelqu'un d'autre, mais bon, on parle quand même de la maison d'édition qui la porte aux nues. Ce serait cohérent qu'ils la gardent pour tout ce qui se rapporte à Handler/Snicket. Why We Broke Up n'est de toute façon pas le truc le plus aisé qui soit à traduire en français, même si ça n'arrive pas à la cheville des Treize Travaux d'Hercule qu'étaient les Désastreuses Aventures. Un truc qui m'inquiète déjà pas mal, c'est que les synopsis disponibles alternent entre "Min" et "Mina" pour le nom de la protagoniste, alors que la version originelle ne la désigne que comme "Min." Ah, changer le nom de personnages importants sans raison valable, ça me rappelle quelque chose, mais quoi au juste ?

 

...Pardon, je m'emballe. Je crois qu'ils ont juste peur que les jeunes lecteurs (qui, rappelons-le, ont le QI d'un flétan) prononcent "Min" avec un "ain," comme dans "crétin." Il n'empêche, il n'est dit nulle part dans l'ouvrage original que "Min" est un diminutif. C'est très courant, dans les pays anglo-saxons, qu'un diminutif devienne un prénom tout à fait normal, comme "Bob," ou... Ben, "Ed," tiens ! Nathan, tant qu'on y est, pourquoi ne pas changer "Ed" en "Edward," histoire de respecter la parité ? ...En même temps, s'ils vendent un bouquin où le personnage principal masculin s'appelle Edward, ça risque de virer au racolage de la gourdasse fan de Twilight. Non, Nathan vaut mieux que ça, enfin j'espère.

 

La couverture, si elle demeure une imitation assez louable du style de Maira Kalman, a le malheur de nous affubler d'un rose bonbon qui agresse la rétine. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour tremper dans le style "girly" (dieux que je haïs cet adjectif...). Le bouquin d'origine était vendu comme quelque chose de plus neutre, d'unisexe en somme (sexisme, vous avez dit sexisme ?) et la couverture d'origine s'en ressentait. Je vois qu'on peut toujours faire confiance à la ligne éditoriale de Nathan pour nous concocter un marketing totalement à côté de ses pompes (et des intentions originelles de l'auteur, soit dit en passant).

 

Le titre choisi n'éveille pas non plus en moi un grand enthousiasme, mais il a le mérite de donner une image honnête du contenu de l'ouvrage. Je l'apprécierais beaucoup plus, au demeurant, s'il n'était pas honteusement pompé sur Inventaire après Rupture : comment Sarkozy a changé la France, de Francis Brochet.