ezer_coverOyez, oyez ! Lemony Snicket vient d'apporter sa contribution à une nouvelle traduction d'un des textes les plus sacrés du Judaïsme. Décrivant l'Exode et la première Pâques juive, elle rituellement relue chaque année, elle est ici présentée dans une nouvelle traduction de Nathan Englander, accompagnée de commentaires d'illustres écrivains juifs tels que Jeffrey Goldberg, Rebecca Newberger Goldstein, Nathaniel Deutsch et bien évidemment Lemony Snicket. Calligraphié, imagé, ce livre est un objet magnifique ; je n'ai malheureusement pas pu trouver des extraits des commentaires de Snicket. Un achat très intéressant pour une année qui s'annonce décidément riche en actualités pour Daniel Handler !

 

Daniel Handler a très souvent confirmé que tous ses personnages, en particulier dans les Désastreuses Aventures, sont juifs ou juifs "dans l'esprit" ; c'est néanmoins la première confirmation claire et nette que Lemony Snicket, en tant que personnage, est bel et bien juif.

 

Ceci arrange bien mes affaires ; vous vous souvenez du fameux arbre généalogique absurde de l'Autobiographie non-Autorisée ? La plus grosse incohérence concernait la branche de J, K et L (manifestement Jacques, Kit et Lemony Snicket), censés descendre d'une personne appelée E. Pour autant, un autre document de l'Autobiographie affirmait que le père de cette fratrie se prénommait Jake, ou Jacob. J'avais un temps théorisé que, les Snicket étant juifs, l'arbre généalogique était fondé sur une descendance non pas patriarcale mais matriarcale ; en effet l'appartenance au peuple juif n'est pas transmise par le père mais bien par la mère.

Arbre_Généalogique_SnicketCela aurait permis de corriger l'incohérence : le père des enfants Snicket est Jake/Jacob, et le prénom de leur mère commence par E. Si l'on suit la logique de cette théorie, alors D, la mère de G, H et I (probablement les frères Grégor et Isaac/Ike/Ignace) est la fameuse belle-mère de la Tante Joséphine/Agrippine, celle qui n'avait qu'un seul sourcil et qu'une seule oreille. Ceci n'explique pas néanmoins pourquoi les J, K et L ont gardé le nom de Snicket tandis que G, H et I se prénomment Amberlu... En tous cas cette théorie est génétiquement fondée : Jacques Snicket et cette belle-mère ont tous deux un monosourcil, ce qui accentue la probabilité d'une parenté.

L'avantage de cette théorie est qu'elle éclaire beaucoup plus précisément la façon dont les Baudelaire sont apparentés aux Snicket ; plus exactement ils le sont par alliance via leur tante Joséphine/Agrippine. Pour ce qui est de la différence étrange dans les noms de mariage, il est possible que Jake et E n'aient pas été mariés (courant chez les VDC, Kit ne s'est pas mariée non plus malgré son ménage avec Dewey Dénouement ; on pense aussi à Madame Caliban) ou ait gardé son nom de jeune fille (c'est légal), peut-être parce que le père des enfants Snicket n'était lui-même pas juif.

Pour rendre les choses plus claires, l'arbre généaologique des Snicket arrangé selon mes théories est affiché ici, un bon schéma valant mieux qu'un long discours.