wall-street-sign-pic-300x199Daniel Handler joint sa plume au site OccupyWriters, un rassemblement d'écrivains soutenant la cause des manifestants qui occupent depuis plusieurs semaines déjà Wall Street pour une réforme en profondeur de l'économie... Et bizarrement, c'est bien signé Snicket, pas Handler ; c'est un changement dans l'étiquette de l'écrivain, mais en même temps, Lemony lui-même n'est pas exactement un parangon de la neutralité politique dans ses propres livres...

Source :   OccupyWriters

Treize observations faites par Lemony Snicket alors qu'il observe Occupy Wall Street à distance respectable

 

01) Si vous travaillez beaucoup et que vous faîtes carrière, n'en déduisez pas qu'il y a corrélation ; si vous êtes blond et de haute taille, ce n'est pas en vous rasant la tête que vous deviendrez un nain.

02) "Fortune" est un mot signifiant ici deux choses : grande somme d'argent ou grande somme de chance. Pour autant, on ne peut pas dire que le mot ait deux significations différentes.

03) Tel un enfant, l'argent est le plus souvent accompagné. S'il vient à disparaître, enquérez-vous auprès des gens qui étaient censés le surveiller pendant que vous faisiez les courses.

04) Les gens qui disent que l'argent ne fait pas le bonheur sont les mêmes que ceux qui disent que les gâteaux ne font pas le bonheur ; s'ils vous disent cela, c'est parce qu'ils en ont déjà englouti une bonne dizaine de parts.

05) Il y a des tas de raisons pour lesquelles on ne voudrait pas partager son gâteau. Après tout, c'est notre gâteau. Nous l'avons probablement cuisiné de nous-mêmes, dans un four construit à la sueur de notre front et à partir d'ingrédients patiemment cultivés de nos propres mains. Il est en ce cas entièrement possible de garder le gâteau et expliquer à une horde d'affamés à quel point nous sommes des gens raisonnables.

06) Personne n'a envie de tomber tête-bèche dans un filet de sécurité, pour une raison fort légitime : ce faire implique que la structure qui le surplombe était complètement instable et que la chute s'avèrait inévitable. Cependant, l'alternative vaut-elle mieux ?

07) Se sentir trompé, c'est un peu comme avoir soif. La meilleure façon de convaincre quelqu'un qu'il n'a en réalité pas soif du tout, c'est encore de lui payer un verre pour en discuter.

08) Ne vous demandez pas si quelque chose est juste ou non ; demandez-le aux autres - un parfait inconnu dans la rue, par exemple.

09) C'est une loi plus ou moins universelle que les gens se rassemblant dans la rue sont bruyants, car il est fort difficile de se faire entendre d'un bout à l'autre d'un impressionnant édifice.

10) Parfois, ce n'est pas aux gens qui crient devant d'impressionnants édifices que revient la tâche de résoudre les problèmes ; souvent ce travail revient plutôt aux gens situés à l'intérieur, ceux qui des bureaux, du papier, des crayons et une jolie vue.

11) Les historiens s'accordent à dire que les histoires de gens situés à l'intérieur d'impressionnants édifices, qui ignorent ou déconsidèrent les gens qui leur crient dessus cinq étages plus bas, ne finissent jamais bien.

12) Si un grand nombre de gens crient devant l'édifice où vous vous trouvez, il n'y a pas la place nécessaire pour installer un filet de sécurité au cas où vous tomberiez si jamais l'édifice s'écroûlait.

13) 99% est un pourcentage fort appréciable. Par exemple, environs 99% des gens veulent un toît où s'abriter, de quoi manger à leur faim, et de temps en temps un peu de gâteau pour le dessert. Un arrangement est sûrement possible avec les 1% de grincheux qui ne sont pas d'accord.